
Un accordéon qui disparaîtrait presque derrière une voix tumultueuse pour un voyage d’une densité sans escales. Le bonhomme ne fait pas vraiment dans le chichi. Il dit les choses, c’est tout ; et nous, on déguste ! « Quand Christian Paccoud est en scène, serrant son accordéon sur son cour, on se croirait transporté sur les flancs d'un volcan en éruption. Il nous renvoie nos angoisses, nos peurs, nos espoirs avec une force tragique qui balaie tout sur son passage. Pas un moment de faiblesse, pas de repos. Il ne nous lâche pas. C'est un bloc insoumis et ravageur. Ayant la pratique du théâtre, il rajoute à son tour de chant une dimension lyrique exceptionnelle. Vous allez penser que j'exagère, je ne crois pas, je suis interprète et je crois savoir où est le feu. Dans les mots, dans les notes, dans les yeux, il est totalement possédé par son chant. Vous l'aimerez ».
Né en 1954 dans l'Isère. En 1959, alors qu'il n'a que 5 ans, il reçoit son premier accordéon et ses premières leçons. Pourtant, la passion de la musique lui viendra bien plus tard. C'est seulement lorsqu'il a 22-23 ans qu'il se consacre vraiment à la chanson, parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre sur cette planète. C'était un peu pour être utile à quelque chose. Attentif à son public, il a su que les gens aimaient, qu'ils se retrouvaient dans les textes de ses chansons. Son but devient alors de toucher les gens, d'être près d'eux, d'être, quelque part, leur porte-parole. En 1979, Christian Paccoud rencontre Maurice Fanon. Ce dernier lui conseille de monter à Paris. Et l'année suivante, Paccoud arrive dans la capitale, avec une guitare qu'il abandonnera bientôt au profit d'un accordéon, parce qu'avec l'accordéon, on peut aller au pire du bonheur, au pire de la détresse. C'est l'instrument de l'aventure ! Il décide de chanter dans tous les cabarets qui existent, quels que soient leurs idéaux et leurs fréquentations. Paccoud réussit son pari et il se forge vite une solide réputation dans le milieu. En 1986, il est programmé au Printemps de Bourges, comme Découverte et l'année d'après au Tremplin du festival. C'est là que les premiers contacts avec le show-biz se font. Mais par souci de liberté, Paccoud décide de ne pas suivre les chemins dorés, tout tracés, qui s'offrent alors à lui. Une décision intègre qu'il ne regrettera jamais. Il se produit loin des circuits officiels, dans les prisons, les hôpitaux. En 1990 a lieu sa première création avec des adolescents en difficulté, intitulée "Les Maux Dits". Les activités sont nombreuses et se succèdent pour cet auteur-compositeur-interprête. Puis Paccoud part en tournée dans toute la France, multipliant les concerts et les festivals. Paccoud se lance alors dans un nouveau spectacle, sans micro, sans bravos, chanté d'une seule traite. Et puis il est temps de graver un nouvel album. Enregistré en live au Limonaire, "Notre poème est à nous" est le spectacle que Paccoud donne depuis 3 ans, celui où il n'y a ni micro, ni bravos, ni artifice. Une manière de rendre hommage à tous ces "chanteurs de l'ombre", comme on pourrait les appeler.
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