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Hervé Akrich
Photo : Jean-Sébastien Farez

Hervé Akrich

Terrain miné, terrain lourd de sens, terrain glissant ou terrain vague.

S’il aime y taper dans les mots, les effleurer, les caresser, les prendre à contre-pied ou les torturer, c’est toujours pour voir ce qu’ils ont dans le ventre.
Il faut dire qu’à l’âge où ses copains de lycée s’extasiaient devant des prouesses guitaristiques électriques, lui se délectait plutôt du regard lucide que Béranger portait sur cette époque giscardienne. Déjà, ses révoltes d’ados se soulageaient plus aisément dans les mots que dans les décibels. Les mots de Nougaro ou de Barbara l’aidèrent à passer les années 80 à l’abri des modes. Pas étonnant que, 30 ans plus tard, devenu lui aussi chantiste, il se reconnaisse des fraternités avec Leprest, Pitiot, Sarclo ou Lantoine.
Chanteur dégagé au sens où il ne s’interdit pas grand chose sinon la vulgarité, Hervé conçoit un tour de chant qui s’équilibre entre l’humour, l’intime et la révolte.
« J’vais m’y faire », son dernier spectacle, présente avec trois musiciens très complices 20 chansons d’amour, d’humour et de colère, entrecoupées d’interventions parlées drôlement bien senties.

Les musiques sont avant tout d’essence acoustique : piano, anches, percussions. Elles peuvent prendre des couleurs africaines, emprunter une java de travers, un tango ou un jazz moutarde, une ballade répondant à un ska caustique, bref tout sauf du rock’n’roll.

Il y a à la fois de la pudeur et de la générosité dans cette façon de nous épargner la « gravitude ». Cette manière d’éviter de nous asséner du douloureux alors qu’on est calé dans un fauteuil plus ou moins confortable. L’obstacle est bien contourné, avec ces blagues de potache, parfois lourdes, parfois plus incisives, qui viennent nous rappeler que la vraie vie est ailleurs, même si on ne parle que d’elle.

Hervé Akrich est comme ces cuisiniers qui mitonnent avec amour leurs p'tits plats familiaux, qui, à la fin du repas, viennent dans la salle, les mains sur les hanches, le sourire aux lèvres, presque fiers d'eux, pour saluer les gourmands gourmets et qui, modestes, s'étonnent en rigolant quand on leur dit que c'est excellent et qu'on aurait bien été au rab !

Extraits de presse

« Disque copieux tant Akrich a de choses à nous dire, à nous chanter, mais où rien n’est à jeter, ni la chronique du temps qui passe et de l’âge qui s’en vient, ni la critique sociale et politique. Surtout pas ce trou dans la photo de classe, douloureuse expulsion qui heurte et brûle la pensée. »
Chorus

« Akrich joue de l’écriture, avec noblesse et finesse, pour insinuer discrètement quelques métaphores, à qui veut la prendre, pour dénoncer sans excès, pour railler quand la raillerie est supportable… »
A Fleur de Mots

« C'est divers, c'est varié, c'est léger, c'est tendre, c'est drôle, c'est tragique, c'est énervé, c'est amoureux, paternel et filial, bref, c'est…écrit ! Ca se dévore comme du Dimey, servi par un mec qui regarde, avec amour, humour, tendresse et lucidité, tout ce monde qui s'agite autour de lui... »
Reims-Oreille

Écouter

«  J' vais m'y faire et Samira comme ça  », Hervé Hakrich
Live
Au festival Aubercail
Mercredi 13 mai 2009
Web

Le site de Hervé Akrich
myspace.com
/herveakrich