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Sept ans après sa dernière apparition sur une scène française, le plus espagnol des chanteurs français revient pour une série de quelques concerts seulement à Paris. Seul avec sa guitare, il offre un spectacle vivant et vibrant... Nilda Fernandez est de ces artistes qui déboulent là où on les attend le moins. On le sait espagnol, chantant en français des titres qui l’ont rendu célèbre et c’est de Moscou qu’il revient où il a appris le russe pour une collaboration fructueuse avec la fine fleur de la chanson locale. Il cartonne il y a quelques années au Casino de Paris. Sa tournée suivante il la fera en roulotte tirée par des chevaux. Sur scène, Nilda Fernandez conserve cette imprévisibilité en permanence. Alors que dans ses albums, les textes et mélodies teintés d’un romantisme intemporel sont rehaussés de riches orchestrations avec renfort de tous les instruments possibles, sur scène il se contente d’une simple guitare électrique. Sept ans après ses dernières gammes sur une scène parisienne, le pari est gonflé. Disparu de la circulation, il revient. De son air manouche et sa voix androgyne, sa silhouette fine et ses cheveux dans le cou, que reste-t-il ? TOUT ! Dès les premières notes, dès les premiers mots de « Entre Lyon et Barcelone », il ne fait pas de doute que rien n’a changé. Même look, même pseudo-timidité au départ et surtout une voix intacte. Deux heures durant c’est elle qui va faire vibrer la salle du théâtre de la Gaîté. La prestation est étonnante. « Nos fiançailles », « Madrid, Madrid » bien sûr. Quelques titres extraits d’un album passé inaperçu inspiré de Garcia Lorca. Et quelques nouveautés dont un titre en russe. Grâce à l’incontournable « Innu Nikamu », hymne à l’humanisme inter-racial, et une explication de ce titre inspiré de la langue indienne, nous partons encore plus loin. Mais c’est le flamenco qui domine, souligné par des éclairages aux teintes rouges et chaudes. La guitare s’emballe et fait oublier les instruments entendus dans les albums studio. Les crescendos vont bon train. Homme orchestre, Nilda électrise les foules, envoûte son public et ne manque pas de ponctuer son propos d’un humour bon enfant quand il présente ses titres ou évoque un passé lointain. On aurait du mal à l’arrêter. Avec ce don de soi et cette rage au cœur, cette joie d’être là, cette envie d’offrir du plaisir et de la bonne humeur, il va se défoncer. Rien n’est trop bien pour ce public qui vient lui rendre le plus beau des hommages, celui de la fidélité. Sa reconnaissance s’exprime dans une connivence avec ce public. C’est chaud comme un fuego andalou, c’est sanguin comme un flamenco et ça a la démesure slave. Le beau mélange ! Franck BORTELLE (Paris)
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