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Sarcloret
Photo : Francis Traunig
Sarcloret

Auteur-Compositeur-Interprète, Sarcloret est un chanteur que les médias ignorent, un de plus, bien qu'il enchaîne spectacle sur spectacle dans tous les pays francophones.
Sarcloret, quoiqu'il soit mieux connu des services de police sous son sobriquet civil de Michel de Senarclens, n'est pas né avec une cuillère d'argent dans la bouche. Le jour qui vit la première fois balayer son œil égrillard au pied de la Tour Eiffel, le 17 juin 1951, vit aussi le dédain d'une mère paresseuse l'abandonner aux bras d'une femme du peuple, sa nourrice, sur le large sein de laquelle il ouvrit une bouche avide. C'était un dimanche. Cette poitrine plébéienne et dominicale en fit ce qu'il est encore aujourd'hui : un populaire cochon et un paresseux goulu (cet auteur intègre me passera ma franchise).

Sous l'effet de l'avidité d'un père pris dans les migrations économiques, Sarcloret fut déporté en Suisse une première fois, dans l'indifférence générale, le 12 juillet 1957. Une enfance piétinée par le lucre, il revint à Paris pour tenter de soutirer sa pitance aux touristes avachis du plateau Beaubourg en les amusant. Immense succès, surtout auprès de la police parisienne, qui en rigole encore entre deux Pastis et une bavure.

Cette deuxième déportation, bien que plus musclée, fut salutaire pour lui, qui de retour enchaîna en ce jour du 24 septembre 1980 un (superbe) diplôme d'architecture et un mariage (raté), tout en maugréant cette prophétie qui, à moins d'un miracle, devrait se réaliser sous peu : «Un jour, je viendrai triompher à Paris». Cette coïncidence insignifiante montre bien la foi un peu sourde de ce luthérien lubrique, qui le poussa à créer Côtes du Rhône Productions l'année suivante, devant le manque d'intérêt complet des producteurs et malgré les conseils avisés de ses proches. C'est sous ce label qu'il produisit ce disque au titre perclus de modestie : "Les plus grands adieux de Sarcloret".

Son humour que certains comparent alors à celui de Pierre Desproges et dans lequel il se reconnaît, émerge dans ses chansons comme "Okapi", farce courte, ou bien dans "Bubon" dans un genre beaucoup plus humour noir. L'insolent helvète, entre tendresse et colère, entre coups de gueule et coups de blues, entre émotion et révolte, nous promène dans le paysage de sa création. Frondeur et trublion il nous parle d'amour mais s'insurge aussi avec lucidité, il nous dit "Si vous voulez virer Le Pen, essayer la démocratie", que dire de mieux.

Avant 2007, il se produit sous le nom de Sarclo mais décide de revenir à Sarcloret pour cause d'homonymie jugée fâcheuse avec le diminutif d’un certain président Français…

Tout le monde connaît la suite : voguant de succès en triomphes, cet éternel amoureux des arts et des lettres s'en alla planter ses mots pointus dans les cœurs des innombrables amateurs de chanson romande que sont les Belges et les Québécois. Après une bonne dizaine d'albums, un prix Georges Brassens, un calcul rénal, plusieurs millions de kilomètres et trois enfants, Sarcloret nous revient pour planter ses mots pointus dans le cœur des innombrables amateurs de chansons.

 Live
Au festival Aubercail
Vendredi 21 mai 2010
Web

Le site de Sarcloret
sarclo.com